Dans le territoire de Mutshatsha, au cœur du groupement de Mwilu (province du Lualaba), les exploitants des potagers situés le long de la rivière Kampemba, aux environs du Village Ngozo, font face à une crise majeure suite aux travaux d’aménagement menés par l’entreprise minière Kingakila auxquels, ils attribuent la destruction complète de leurs moyens de subsistance.
Un cours d’eau détourné et des plantations sous les eaux
Selon les témoignages recueillis sur place, les interventions techniques exécutées par la société Kingakila ont entraîné le détournement du lit naturel de la rivière Kampemba, provoquant la formation d’un vaste lac artificiel. Depuis le mois de juin, cette modification hydrographique submerge continuellement les périmètres agricoles riverains.
Tous les produits vivriers ainsi que les arbres fruitiers de la zone se retrouvent sous les eaux. Pour plusieurs dizaines de ménages dépendants de cette agriculture maraîchère, les pertes matérielles et économiques sont considérables, menaçant directement la sécurité alimentaire des familles touchées.

Un processus d’indemnisation décrié et jugé hors-la-loi
Au-delà des dégâts environnementaux et agricoles, la gestion des compensations suscite une vive indignation au sein de la communauté. Les cultivateurs lésés dénoncent la précipitation avec laquelle l’entreprise Kingakila a mené les procédures d’indemnisation, en connivence avec certaines autorités traditionnelles locales.
Les protestataires mettent en avant plusieurs griefs majeurs. Il s’agit notamment, du non respect de la procédure d’évaluation préalable des biens abîmés. Le manque de l’intervention des agents du ministère de l’Agriculture, Pêche et Élevage (AGRIPEL) pour expertiser la valeur réelle des cultures et des arbres détruits. Selon les riverains, seuls les proches des chefs coutumiers auraient perçu des montants conséquents, tandis que la majorité des exploitants s’est vu attribuer des sommes jugées dérisoires au regard du préjudice subi.

Contacté, un responsable de l’entreprise minière Kingakila rejette ces accusations. Il affirme que l’ensemble des opérations d’indemnisation et de gestion des impacts environnementaux s’est déroulé dans le strict respect des exigences légales et réglementaires en vigueur.
Par ailleurs, toutes nos tentatives pour joindre la Commission provinciale de délocalisation afin d’obtenir des précisions sur le suivi de ce dossier et la protection des droits des riverains sont restées infructueuses.
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