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Lualaba : Le centre de négoce de Musompo, un projet pharaonique à l’abandon

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Inauguré en grande pompe il y a quelques années pour encadrer le secteur minier artisanal, le centre de négoce, dans la province du Lualaba demeure désert. Face à la dégradation des infrastructures et à l’impasse des mesures d’éviction, la société civile s’interroge sur la gestion des deniers publics et réclame une réaffectation du site.
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Sur place, aucun camion chargé de minerais à l’horizon, aucun creuseur en activité. Sur le site, le silence est lourd et le paysage, désolant. Pensé initialement comme le futur hub de traçabilité et de modernisation du commerce de minerais issus de l’exploitation artisanale, ce vaste complexe moderne s’enfonce  dans l’oubli.
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Faute d’occupation et d’entretien, des nombreux dépôts construits à grands frais présentent désormais des signes avancés de dégradation subie sous l’effet du temps et des intempéries.
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Une timide persuasion et des coûts de transport dissuasifs
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Pour les acteurs de la société civile locale, le constat est décevant. Les mesures pour contraindre ou inciter les opérateurs économiques à investir les lieux manquent d’efficacité. « La plupart des opérateurs économiques ayant rédigé leurs projets sont incapables d’intégrer ou d’utiliser le centre de négoce, faute de mécanismes de persuasion très efficaces du côté des autorités », déplore Léonard Zama, activiste de la société civile du Lualaba.
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Selon lui, la réalité économique du terrain freine également les velléités d’installation : lorsque les minerais extraits présentent de faibles teneurs (parfois proches de 0 ou 1 %), les coûts d’acheminement vers le centre dépassent la valeur même de la marchandise et risque de surendetter les exploitants auprès des transporteurs.


​L’échec de la délocalisation forcée
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Pourtant, des tentatives d’assainissement ont bien eu lieu. Il y a quelques mois, le gouvernement provincial avait lancé une vaste campagne visant à délocaliser les comptoirs et acheteurs clandestins installés le long de la Route Nationale nº 39 (RN39) pour les contraindre à rejoindre Musompo. Une opération qui s’est soldée par un échec cuisant. À ce jour, de nombreux exploitants continuent de braver la décision officielle. Ils poursuivent leurs activités en bord de route, faisant fi des injonctions provinciales.
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Vers une reconversion des infrastructures ?
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Alors que la viabilisation de nouvelles Zones d’Exploitation Artisanale (ZEA) commence à peine dans la province, la question du devenir de Musompo devient urgente. Les investissements publics consentis par le gouvernement provincial pèsent lourdement sur la conscience collective.
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Face à cet ouvrage qui risque de rester définitivement « un éléphant  blanc», la société civile appelle à un changement radical de stratégie et suggère d’en tirer des leçons pour la sélection des futurs projets prioritaires. Parmi les solutions avancées pour éviter un gâchis total : la reconversion pure et simple du site. Léonard Zama, Coordonnateur de l’organisation de la société  civile  Initiative pour la  Protection  des  Droits  Humains  et  la Réinsertion Sociale (IPDHOR) souhaite que ces dépôts soient transfomés  en logements sociaux ou en un nouveau quartier résidentiel, afin d’offrir une seconde vie à des bâtiments restés jusqu’alors totalement inopérationnels.

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