La tension est à son comble dans le village Kisankala. Dans la nuit du 14 au 15 août 2026, des militaires de la Garde républicaine ont pris d’assaut la résidence du chef coutumier Nsemba, détruisant sa guérite de sécurité. L’autorité locale dénonce une tentative d’enlèvement manquée. Ce raid remet en lumière l’ingérence des hommes en uniforme dans le secteur minier artisanal, au mépris direct des directives présidentielles.
Au cœur de cette escalade se trouve la colline « Golf », un site d’exploitation minière artisanale réservé à la communauté locale et faisant vivre de nombreux creuseurs. Selon les autorités locales, l’affaire a pris une tournure criminelle lorsqu’un officier supérieur de la Garde républicaine a accepté un pot-de-vin de 120 000 dollars américains versé par des sujets chinois. L’objectif : contraindre la communauté, le comité des creuseurs et leur coopérative à céder le site.

Face au refus catégorique du chef coutumier et des travailleurs, la pression s’est muée en opération de terreur nocturne. Le chef de terre Nsemba ne décalmande pas sa détermination :
« C’est un militaire ! Pourquoi s’ingère-t-il dans l’exploitation minière ? Il est même venu chez moi à minuit pour tenter de m’enlever. Le conflit tire sa source de la colline de Golf, un espace pourtant réservé à la communauté. Je suis catégorique : je n’accepterai jamais de céder cette carrière aux Chinois. S’il faut donner notre vie pour protéger la population, nous sommes prêts. » déclare Chef de terre NSEMBA
Malgré la décision ferme du chef de l’État interdisant la présence des militaires dans les sites miniers, les hommes en uniforme refusent de quitter Kisankala. Selon des témoins sur place, les éléments de la Garde républicaine et des FARDC contournent les contrôles en retirant leurs tenues pour se fondre dans la population lors des inspections officielles.

Cette présence illégale s’accompagne d’un bilan lourd pour les riverains. Le secrétaire du Chef dresse un constat alarmant de la situation sociale et environnementale :
« Ceux qui exploitent ce site le font de manière totalement illégale. L’unique héritage de cet envahissement, ce sont des trous béants devenus des étangs. Actuellement, le social est complètement à terre : il n’y a ni école, ni hôpital, et même la route communautaire a été confisquée. Ils continuent d’étendre leurs activités dans l’unique objectif de faire disparaître le village. »
L’exaspération monte d’un cran face à ce qu’un membre de la communauté qualifie d’agression délibérée contre les institutions coutumières. Pour Mexa Mukanya, activiste de la société civile locale, le seuil du tolérable a été franchi :
« Les militaires savent parfaitement qu’ils doivent respecter les autorités civiles. Pourtant, ils sont allés jusqu’à saccager la guérite que le chef avait construite par ses propres moyens pour sa sécurité. Nous demandons urgemment que le ministre provincial de l’Intérieur et la Gouverneure Fifi Masuka Saini puissent s’imprégner personnellement de cette situation critique. »
À Kisankala, la population attend désormais une réaction ferme du gouvernement provincial pour rétablir l’ordre, faire respecter les consignes présidentielles et sécuriser le chef de terre face aux menaces d’un réseau bien déterminé à faire main basse sur les ressources locales.
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