Dans la province du Lualaba, la colère gronde au village Kabombwa. Des centaines de familles délocalisées occupent à présent leurs terres pour dénoncer un processus d’expropriation qu’elles jugent illégal. Elles exigent de l’entreprise Tenke Fungurume Mining (TFM) la révision d’indemnités qualifiées de dérisoires.
La rupture du dialogue est à l’origine de cette réoccupation.
Un riverain témoigne de la frustration générale : la délocalisation s’est faite au mépris des règles et les multiples démarches de la communauté sont restées sans réponse.« C’est le silence de l’entreprise suite à nos demandes qui a provoqué notre retour ici », confie-t-il, tout en précisant que les familles ne se réinstallent pas pour reconstruire, mais pour contester.« TFM ne respecte n’a ses engagements », lâche une autre habitante, visiblement révoltée. Elle justifie la présence de la communauté sur le site par la violation flagrante du contrat qui liait l’entreprise aux natifs de Kabombwa.

Escalade des tensions et ouverture du procès des leaders communautaires
Ce mercredi 27 mai 2026, la tension est montée d’un cran à l’ouverture du procès de huit leaders communautaires, arrêtés il y a près d’un mois. Sur les pancartes des manifestants, les messages sont sans appel : « Non aux intimidations », « Les droits des communautés ne sont pas négociables ».
La population exige la libération immédiate de ses représentants. Après avoir dénoncé la violation des accords par l’entreprise, la même riveraine ne cache pas sa colère face à la tournure judiciaire des événements :« Nous sommes rentrés sur nos terres uniquement pour trouver une solution pacifique au problème. Mais à la place, l’entreprise a fait arrêter nos leaders un jour férié », s’indigne-t-elleFace à ce qu’elle qualifie d’injustice, son exigence est désormais claire : « Nous demandons à TFM de libérer immédiatement nos frères incarcérés. »

Mobilisation au tribunal de paix de Lubudi et détresse des familles
La mobilisation s’étend jusqu’au tribunal de paix de Lubudi, dans la commune de Fungurume. Femmes et enfants s’y rassemblent, oscillant entre impatience et espoir de justice. Parmi la foule, le cri de détresse d’une autre femme illustre l’impact dramatique de cette crise sur le quotidien des foyers « Je suis ici pour exiger la libération de mon mari, lui aussi arrêté à Kabombwa », confie-t-elle, au bord des larmes
Elle explique que son époux gérait un centre de santé qui constituait l’unique source de revenus de la famille. Au-delà de l’injustice de cette arrestation, elle dénonce des conditions de vie devenues infernales : « Au village, l’acide qui se dégage des installations de TFM nous a rendus malades. La vie y est devenue tout simplement invivable. »

La société civile hausse le ton contre l’instrumentalisation de la justice.
Face à cette crise, les organisations de la société civile IPDHOR et AFREEWATCH haussent le ton. Dans un communiqué conjoint, elles s’indignent de cette détention prolongée, orchestrée selon elles en violation flagrante du Règlement minier.Les deux organisations rappellent que ces communautés subissent déjà la pollution de l’usine à chaux de TFM, source de graves maladies. Elles dénoncent fermement l’instrumentalisation de la justice qui vise, selon leurs termes, à faire taire les contestations.
L’IPDHOR et l’AFREEWATCH appellent l’État congolais à assumer son rôle de protecteur des citoyens et demandent instamment aux acheteurs de minerais d’exiger de TFM le respect strict des droits humains.
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