Dans le territoire de Sandoa, au Lualaba, l’intensification de l’exploitation aurifère le long de la rivière Lulua ravive la flamme des inquiétudes. Alors que l’activité extractive s’accroît sur le lit du cours d’eau, les populations riveraines dénoncent une absence totale de retombées économiques locales et une dégradation accélérée de leurs infrastructures.
Les opérations d’orpaillage et de dragage attirent quotidiennement de nombreux travailleurs venus de divers horizons. Mais, dans les villages environnants, l’accès aux services de base reste extrêmement précaire.

Au-delà de la stagnation du niveau de vie, l’exploitation minière suscite de vives tensions quant à l’intégrité du patrimoine public. Le passage répété d’engins lourds nécessaires aux opérations dégrade les axes routiers locaux et menace directement la structure du pont métallique de la zone, un ouvrage pourtant crucial pour le désenclavement et le maintien des échanges commerciaux entre les différentes localités du territoire.
Sur le plan environnemental, la pression s’accentue également sur les écosystèmes aquatiques. Les méthodes d’extraction utilisées modifient le lit de la Lulua et altèrent l’environnement naturel.

Le Forum National de la Jeunesse au niveau territorial remet ouvertement en cause le modèle économique actuel. Selon ses représentants, la présence d’opérateurs miniers étrangers, notamment des sujets chinois, s’accompagne d’un épuisement des ressources naturelles, de la destruction des populations piscicoles et du couvert végétal riverain, sans compensation ni investissement pour le développement de la zone.
Interrogée par la presse locale, sur sa politique de responsabilité sociétale et sur les mesures prises pour atténuer l’impact de ses activités, « l’entreprise minière opérant sur le site refuse de s’exprimer publiquement. Celle-ci se limite à soutenir, de manière informelle, que l’ensemble de ses activités est mené conformément aux exigences formulées par l’administration minière provinciale »
Cette situation illustre une nouvelle fois le fossé entre la rentabilité des activités extractives et le niveau de développement des zones de production en République Démocratique du Congo, ravivant les débats sur la redistribution des redevances minières aux communautés locales.
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