Au village Kisanfu, dans la province du Lualaba, c’est un véritable SOS que lance aujourd’hui la population, ce Lundi 15 juin 2026. Jour après jour, la Route Nationale N°39 (RN39) est le théâtre d’un spectacle désolant : des embouteillages interminables qui paralysent l’économie locale et asphyxient le quotidien des usagers. Derrière ce chaos routier se cache une réalité bien plus sombre : le pillage systématique des ressources minières, au détriment total des communautés locales.
Plus de 150 camions par jour : La RN39 prise en otage
Chaque jour, c’est le même scénario. Plus de 150 camions lourdement chargés envahissent la RN39, bloquant complètement la circulation, selon les estimations de la société civile locale. Leur provenance ? Le site de KISANKALA, situé dans la concession du groupe ERG (Comide & Swanemine).
Ces poids lourds transportent des minerais extraits de manière illégale par des exploitants chinois. En plus de détruire les infrastructures routières qui peinent déjà à tenir, ce flux incessant de véhicules crée un goulot d’étranglement permanent.
« Nous interpellons directement les autorités de la régulation routière. Il est urgent de prendre des mesures drastiques pour réguler ce trafic, sanctionner les abus et assouplir la circulation avant que la situation ne devienne totalement incontrôlable», interpelle un habitant.
Une population victime : Pollution pour les autochtones, bénéfices pour l’étranger
Pendant que des fortunes quittent le sous-sol de Kisankala, la population ne bénéficie que le néant. Les Défenseurs des Droits de l’Homme dessent un bilan sombre. Selon eux, les autochtones sont réduits au statut de simples observateurs impuissants face à la fuite de leurs propres richesses. À la place du développement promis, le quotidien des habitants se résume à une pollution environnementale alarmante causée par la poussière et les émanations des centaines de camions.
À cela s’ajoute un mépris total des obligations sociales, l’exploitation se faisant sans aucun cahier des charges au profit des communautés locales, privant ainsi la population d’écoles, de centres de santé ou d’accès à l’eau potable.
Un appel pressant aux autorités provinciales et nationales
La Société Civile EBEN EZER refuse de cautionner ce silence et cette complicité passive. Elle lance un message d’interpellation solennel et urgent aux autorités provinciales du Lualaba pour qu’elles descendent sur le terrain afin de constater les dégâts et stopper l’anarchie sur la RN39.
« Nous interpellons également le Gouvernement National pour qu’il diligente une enquête sévère sur l’exploitation illégale à KISANKALA dans la concession ERG et fasse respecter le code minier en vigueur » lance Mexa Mukanya, coordonnateur de la société civile EBEN EZER
Et d’ajouter «Il est temps que l’État vienne en aide à cette population meurtrie. Les minerais du Congo doivent d’abord servir aux Congolais, et non enrichir illicitement des intérêts étrangers au prix de la santé et de la mobilité de nos citoyens» a-t-il conclu
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