Face aux dérives de l’exploitation minière à Kolwezi et ses environs, l’IPDHOR, des journalistes et une synergie de 32 jeunes ont mené une campagne de terrain percutante. Au cœur de cette mobilisation : une Note de Plaidoyer majeure, officiellement déposée auprès des autorités pour exiger la justice climatique.
Pilier mondial de la transition énergétique grâce à ses gisements exceptionnels de cuivre et de cobalt, la province du Lualaba sacrifie pourtant ses propres communautés. Pollution, expulsions forcées et violations des droits humains : tel est le constat alarmant dressé par l’Initiative pour la Protection des Droits de l’Homme et la Réinsertion Sociale (IPDHOR) et ses partenaires citoyens.

Au cœur de l’action : La Note de Plaidoyer pour la Justice Climatique
Loin de se limiter à une simple protestation, la synergie citoyenne a structuré ses revendications dans un document stratégique majeur : la Note de Plaidoyer. Ce texte constitue une véritable arme juridique et un cri de détresse pour les communautés de Musonoie, Kapata, Mutoshi, Tshabula et tant d’autres.

Sur le terrain, les enquêtes menées par les 32 jeunes activistes révèlent un bilan humain et environnemental insoutenable. Les témoignages recueillis décrivent un quotidien marqué par la pollution de l’air et de l’eau, l’explosion des maladies respiratoires, des maisons fissurées par les minages et des expulsions forcées sans aucune réinstallation adéquate.
À cela s’ajoute l’opacité totale des entreprises minières concernant les Études d’Impact Environnemental et Social, ainsi que l’intimidation systématique des leaders d’opinion locaux. Face à ce désastre, la note de plaidoyer dresse un réquisitoire implacable en s’appuyant sur les lois de la République. Le document démontre que ces pratiques bafouent l’article 53 de la Constitution congolaise qui garantit le droit à un environnement sain, ainsi que le Code Minier en ses articles 279 à 281 relatifs aux indemnisations et à la réinstallation. Au niveau international, ce texte rappelle les entreprises à leurs obligations en invoquant les Principes Directeurs des Nations Unies et les strictes normes de performance de la Société Financière Internationale (SFI).

Les autorités face à leurs responsabilités : Les accusés de réception font foi
La force de ce plaidoyer réside dans sa portée politique immédiate. Ce document n’est pas une simple déclaration d’intention : il est désormais sur la table des décideurs.Les accusés de réception sont tombés, certifiant que la note a été officiellement déposée et réceptionnée par les plus hautes autorités nationales et provinciales. L’État congolais et les entreprises minières sont placés devant leurs responsabilités.« On ne peut pas parler de transition “juste” ou “verte” à l’échelle internationale si elle continue d’écraser les populations locales à la racine de la chaîne d’approvisionnement. »
L’IPDHOR et ses partenaires sollicitent désormais de toute urgence des audiences auprès des autorités. L’objectif est clair : transformer ce plaidoyer en actions concrètes, imposer la transparence dans les études d’impact environnemental et garantir que le peuple du Lualaba ne soit plus la victime oubliée de la transition énergétique mondiale.
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