La proposition d’une indemnisation forfaitaire de 1 000 $ par puits en production met le feu aux poudres à Kamilombe. Cette somme, décidée de manière unilatérale, apparaît bien loin de la réalité du terrain où l’aménagement d’un seul puits nécessite des mois de labeur exténuant, des prises de risques considérables et souvent des dizaines de milliers de dollars d’investissement.
L’ONG Action Sans Frontière (ASF), une organisation de la société civile luttant pour la défense des droits humains et la bonne gouvernance des ressources naturelles au Lualaba, hausse le ton. Bien que l’ASF réaffirme son soutien de principe à l’assainissement et à la régulation du secteur minier artisanal, elle dénonce fermement la méthode arbitraire employée pour vider le gisement de Kamilombe.
En l’absence de tout calendrier clair, consensuel et transparent, les autorités provinciales imposent un déplacement précipité qui touche directement entre 20 000 et 30 000 creuseurs, sans compter une foule d’acteurs indirects dépendant du site, tels que les laveurs, les transporteurs et les petits commerçants.
Des dédommagements dérisoires et une zone de rechange incertaine
Au cœur de cette indignation figure le montant avancé pour dédommager les exploitants. Fixer unilatéralement 1 000 dollars par puits sans réaliser une évaluation réelle des coûts engagés et de la valeur produite revient à nier le travail accompli par ces travailleurs. Pour ajouter à l’injustice, la Zone d’Exploitation Artisanale de rechange annoncée (ZEA 371) ne présente à ce jour aucune garantie de viabilité économique ni certitude quant à sa capacité à accueillir une telle masse de travailleurs dans des conditions rentables.
L’ASF redoute que cette démarche unilatérale n’alimente un climat de contestation susceptible de déboucher sur des troubles majeurs à l’ordre public. Dans une ville où l’artisanat minier demeure le principal amortisseur social face à la pauvreté, chasser des dizaines de milliers de personnes sans contrepartie équitable équivaut à planter les germes d’une crise sociale profonde.
Action Sans Fotières recommande vivement aux autorités provinciales de suspendre toute décision brutale au profit d’un dialogue franc avec les creuseurs et les coopératives de Kamilombe. L’organisation insiste sur la nécessité d’évaluer équitablement les investissements matériels et financiers réalisés par les exploitants, de fixer une indemnisation juste, d’établir un calendrier d’évacuation raisonnable et d’assurer au préalable la viabilité économique et technique de la ZEA 371.
Parallèlement, l’organisation encourage les coopératives du site à maintenir un climat de paix et à privilégier la voie de la négociation pour faire valoir leurs revendications légitimes. Le secteur artisanal ne saurait servir de simple variable d’ajustement : l’avenir de milliers de foyers exige aujourd’hui justice, concertation et respect de la dignité humaine.
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