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Kolwezi : Opération de bouclage nocturne à Kanina entre sécurisation et rançonnement de la population

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La nuit du samedi 16 au dimanche 17 mai 2026 restera gravée dans les mémoires des habitants du quartier Kanina, situé dans la commune de Dilala à Kolwezi. Les forces de l’ordre ont mené une vaste opération de bouclage de grande envergure pour traquer les criminels. Si l’initiative visant à éradiquer le banditisme urbain est saluée sur le fond, le mode opératoire des hommes en uniforme suscite une vive indignation générale.

Un réveil brutal sous le signe de la terreurDès le milieu de la nuit, de fortes équipes d’hommes en uniforme lourdement armés ont investi le quartier. Ce déploiement a donné lieu à un porte-à-porte particulièrement musclé. Selon plusieurs témoignages concordants, les militaires ont déferlé dans les rues, fouillant la quasi-totalité des habitations à répétition, parfois jusqu’à deux fois par maison.Ce climat d’incursion a plongé Kanina dans une torpeur totale. Les avenues sont restées complètement désertes et paralysées durant une grande partie de la matinée du dimanche, les activités ne reprenant timidement qu’après 10 heures.

Entre salutation de la mesure et dénonciation des dérives

Le quartier Kanina, à l’instar d’autres zones de la commune de Dilala, fait face depuis plusieurs mois à une recrudescence alarmante du banditisme urbain, caractérisé par des actes de vandalismes, pillages et agressions physiques. Face à cette crise sécuritaire, la population locale ne cache pas son soulagement de voir les autorités politico-administratives et militaires prendre à bras-le-corps la restauration de l’autorité de l’État.

Cependant, le soulagement a rapidement fait place à la colère face aux dérives comportementales des agents sur le terrain. Pour échapper à des arrestations arbitraires, presque chaque ménage a été contraint de verser des sommes d’argent importantes allant de 50 000 FC à plus de 100 000 FC. Malgré le paiement de ces rançons improvisées, de nombreux jeunes hommes ont été raflés et conduits vers les centres de détention. De plus, les méthodes brutales de perquisition à répétition ont profondément traumatisé les familles et les enfants en pleine nuit.

L’appel à des sanctions professionnelles

Ce énième cas de bouclage transformé en opportunité de rançonnement relance le débat sur l’éthique des forces de sécurité. Les leaders communautaires et la société civile de Kolwezi demandent désormais l’ouverture d’une enquête pour identifier et sanctionner les brebis galeuses qui ternissent l’image de cette opération pourtant salutaire. La population locale exige fermement que la sécurité publique ne devienne pas un fonds de commerce sur le dos de citoyens déjà asphyxiés par la situation économique actuelle.

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