À l’occasion de la dixième édition de l’Alternative Mining Indaba (AMI), qui s’est tenue du 28 au 30 octobre 2026, à Lubumbashi, l’organisation Afrewatch a tiré la sonnette d’alarme sur les conséquences environnementales et sanitaires de l’extraction minière en République démocratique du Congo. Lors d’une session parallèle consacrée aux accords internationaux de la RDC, l’ONG a mis en lumière de graves défaillances législatives qui laissent les populations locales sans protection.
Cet atelier a réuni un panel d’experts scientifiques congolais (notamment de l’Université de Lubumbashi) et internationaux, des représentants des services publics de l’environnement, ainsi que des membres des communautés affectées. Les débats se sont appuyés sur quatre rapports scientifiques publiés conjointement par Afrewatch et l’organisation RAID, qui documentent de manière rigoureuse l’impact de l’exploitation minière dans la région.

Une triple crise : environnementale, juridique et sanitaire
Les conclusions des rapports décrivent une contamination généralisée des écosystèmes autour des concessions minières. Au-delà des dégâts environnementaux, les experts et les délégués communautaires ont dénoncé des vides juridiques criants dans le cadre légal congolais, qui manque encore de normes indispensables pour assurer une protection efficace de la population.
Sur le plan sanitaire, les témoignages des riverains confirment une recrudescence de pathologies directement liées aux activités industrielles. La gestion de cette crise est sévèrement entravée par ce que les intervenants qualifient d’« erreur grotesque » au sein du Code minier actuel : la définition réglementaire et la prise en charge des maladies professionnelles et environnementales y sont mal définies, privant les victimes d’un accès aux soins adaptés.

Trois axes pour réformer le secteur
Pour remédier à cette situation, la session s’est clôturée par la formulation de recommandations urgentes articulées autour de trois priorités majeures.
Il s’agit d’abord de réformer le cadre légal en profitant de la prochaine révision du Code minier pour corriger définitivement les failles techniques et renforcer la protection des communautés. Les participants insistent également sur la nécessité de garantir l’application des lois, en veillant au respect strict des réglementations environnementales déjà en vigueur par les institutions de l’État.

Jean-Pierre Lwamba est le directeur du programme des droits humains et un défenseur clé au sein de l’ONG AFREWATCH appelle à sanctionner les infractions en appliquant des mesures exemplaires contre les exploitants miniers véreux qui contournent les normes au détriment de la santé publique.
Afin que ces résolutions se traduisent par des avancées concrètes, Afrewatch a annoncé le déploiement d’un plan de plaidoyer et de suivi rigoureux auprès des décideurs politiques d’ici la prochaine édition de l’AMI.
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