Dans la ville de Kolwezi, au Lualaba, le processus de délocalisation et d’indemnisation des exploitants miniers artisanaux du site de Kamilombe laisse un goût amer. En fixant les compensations à hauteur de 1 200 USD pour un puit de cuivre et 400 USD pour un puit de cobalt, sur un total de 1 750 puits répertoriés, la commission est accusée de faire preuve d’un aveuglement flagrant face à la réalité économique du terrain.
Pour la majorité des propriétaires, attribuer une somme forfaitaire sans tenir compte du niveau de rendement ni de la valeur marchande réelle d’un puit en pleine production relève d’un manque de considération intolérable. Un puit en activité représente un capital économique vivant, générateur de revenus quotidiens pour des familles entières et source de valeur pour toute la chaîne d’approvisionnement minière.
Le constat est encore plus déplorable pour les puits en cours de creusage ou momentanément à l’arrêt : la commission aurait tout simplement choisi de les ignorer, laissant des investissements colossaux s’envoler en fumée.
Selon les experts, la réalité matérielle du creusage manuel est sans appel. Ce travail de titan nécessiterait souvent jusqu’à huit mois d’efforts continus avant d’atteindre la première couche minéralisée. Pour une équipe restreinte de sept mineurs, un exploitant dépense quotidiennement 140 000 CDF pour la ration et le transport. À cela s’ajoutent les primes hebdomadaires de 50 000 CDF par creuseur pour leur retour en famille chaque week-end. Au total, les dépenses cumulées pour la seule préparation d’un puit pourraient dépasser ainsi 16 000 000 de francs congolais (soit environ 8 000 USD)
Face à ces montants jugés dérisoires, les bénéficiaires restent sans voix et redoutent une précarisation brutale. Faute de moyens financiers suffisants, la plupart d’entre eux se disent aujourd’hui incapables de rejoindre la Zone d’Exploitation Artisanale (ZEA) 371, le site prévu pour leur relocalisation
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