Le secteur minier artisanal de la République démocratique du Congo traverse une zone de turbulences. Par deux arrêtés ministériels signés cette semaine, le ministre des Mines, Louis Kabamba Watum, a frappé fort au sein du Service d’assistance et d’encadrement de l’exploitation minière artisanale et à petite échelle (SAEMAPE), en suspendant de leurs fonctions le Directeur général ainsi que le Directeur provincial du Lualaba.

Mardi 21 octobre 2026, à Kinshasa, le ministre a d’abord officialisé la suspension du Directeur général du SAEMAPE, Jean-Paul Kapongo Kadiobo. Il est reproché au patron de cet organisme public des « manquements aux devoirs de ses fonctions », en particulier son incapacité à prévenir l’exploitation artisanale illicite dans des périmètres miniers pourtant légalement concédés, principalement dans les provinces du Lualaba et du Haut-Katanga.
Outre ce défaut de prévoyance, la hiérarchie accuse le Directeur général d’avoir autorisé l’installation irrégulière de services percepteurs du SAEMAPE à l’intérieur de ces concessions. Une démarche qui privait les titulaires de ces périmètres de leurs droits légitimes tout en exposant l’État congolais à de lourdes poursuites et indemnisations pour les dommages subis par des tiers.
Invoquant une situation d’urgence, l’arrêté entre en vigueur immédiatement. L’exécution de la décision a été confiée au Secrétaire général aux Mines, bien que le texte ministériel ne précise pas encore le nom du responsable désigné pour assurer l’intérim à la tête de la direction générale.

Une réplique immédiate au Lualaba
Dans la foulée de cette mesure nationale, le ministre Louis Kabamba Watum a étendu les sanctions sur le terrain. Par l’arrêté ministériel n°00754, c’est Georges Nyembo Kitungwa, Directeur provincial du SAEMAPE au Lualaba, qui a été également suspendu de ses fonctions.
Cette seconde sanction fait directement suite aux conclusions d’un rapport préliminaire établi par une mission spéciale ad hoc dépêchée dans la province. Tout comme le Directeur général, le responsable provincial est pointé du doigt pour ne pas avoir empêché l’orpaillage illégal et pour l’implantation non réglementaire de postes de perception au profit du SAEMAPE dans des concessions privées.
Un signal fort pour l’assainissement du secteur
En prenant ces sanctions coup sur coup, le gouvernement congolais entend remettre de l’ordre dans la gestion de la mine artisanale et réaffirmer le respect du Code minier. Ces décisions envoient un signal clair aux gestionnaires des services publics du secteur : la tolérance face à l’illégalité et aux empiètements sur les concessions privées semble désormais bel et bien révolue.
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