C’est la question que se posent de nombreux acteurs du secteur : « le Gouvernement central, a-t-il un regard négatif sur l’artisanat minier ? » Plusieurs de ses décisions semblent fragiliser les creuseurs artisanaux. Les faits marquants sont la lenteur de la viabilisation et formalisation des 64 Zones d’Exploitation Artisanale (ZEA) promises et les tensions autour de concessions stratégiques comme celle de Kamilombe, où la survie de dizaines de milliers de mineurs est directement menacée. Le fossé se creuse ainsi entre la vision de Kinshasa et le quotidien des exploitants.
Récemment, le lancement de l’opération de contrôle de conformité par une délégation mixte, venue de la capitale congolaise a mis en lumière de graves irrégularités au sein de la quasi-totalité des entités de traitement du cuivre et du cobalt au Lualaba. Cet assainissement est nécessaire pour aligner les usines sur le Code et le Règlement miniers. Cependant, sa mise en œuvre impacte négativement sur l’économie et met beaucoup d’unités de traitement à l’arrêt.

Une question se pose : d’où proviendront les minerais pour ravitailler ces usines alors que l’accès à des ZEA réellement viables reste un mythe pour la majorité des creuseurs ? Jusqu’à preuve du contraire, ces entités de traitement paient de taxes, emploient des congolais.
Au Lualaba, les mesures restrictives imposées par le pouvoir central sans réelles alternatives légales exposent la province à une insécurité grandissante. Privés de concessions régulières, les creuseurs sont poussés vers des intrusions sur les sites industriels privés. Cela provoque une militarisation des carrières et des heurts constants avec les forces de l’ordre.

Pourtant, l’artisanat minier est explicitement reconnu et encadré par la législation congolaise (Articles 109 à 128 du Code minier). Pourquoi alors sa formalisation s’avère-t-elle si laborieuse sur le terrain ? Face à un secteur industriel qui ne peut pas embaucher tout le monde, le chômage galope et les creuseurs se sentent sacrifiés.
L’artisanat minier au Lualaba fait vivre plusieurs personnes. Ce secteur exige une politique cohérente, du sérieux et des budgets conséquents alloués au SAEMAPE pour encadrer techniquement et sécuriser juridiquement les exploitants. C’est à cette condition seule que la jeunesse congolaise pourra trouver des ressources dignes pour se nourrir, faire face à ses besoins et transformer cette richesse minérale en un levier de paix sociale.
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