Sept ans après sa création en 2019, l’Entreprise Générale du Cobalt (EGC) peine toujours à matérialiser son projet initial : structurer une filière artisanale éthique, sécurisée et rentable. Réunis à Kolwezi à l’initiative de l’ONG CASMIA-G, ce mardi 18 août 2026, les représentants de l’EGC, la société civile, les coopératives minières, les médias et les communautés locales se sont livrés à une évaluation sans concession du parcours de cette filiale de la Gécamines.

Créée pour encadrer le secteur artisanal et garantir un approvisionnement responsable du cobalt congolais sur le marché mondial, l’EGC affiche des résultats bien en deçà des attentes. L’évaluation menée par CASMIA-G et ses partenaires révèle que les cinq premières années d’existence de la structure ont été paralysées par une quasi-inactivité, laissant les creuseurs dans une précarité continue.
« On attendait beaucoup du projet de l’EGC. Mais son parcours s’est avéré périlleux, émaillé d’obstacles, de blocages et de pesanteurs politiques qui ont entraîné près de cinq ans d’inertie. Le bilan reste insatisfaisant à ce jour. » déclare Chadrack Mukad, coordonnateur de l’ONG CASMIA-G
Sur le plan opérationnel, le décalage est frappant : alors que le mandat de l’EGC s’étend théoriquement sur tout le territoire national, son ancrage timide dans la seule province du Lualaba soulève de sérieuses questions juridiques et logistiques.

Des coopératives ramenées à la « case départ »
Pour les coopératives minières, piliers du projet de l’EGC, l’enthousiasme du départ s’est transformé en désillusion. Sans capacités de financement suffisantes ni unités de traitement propres, l’EGC contraint les acteurs de terrain à dépendre de circuits complexes ou à réorienter les minerais vers des usines tierces, telles que celles de CCR.
« Le projet d’origine de l’EGC devait résoudre nos défis majeurs. Aujourd’hui, faute de moyens financiers et d’infrastructures de transformation, nous sommes ramenés à la case départ. », affirme une représentante d’une coopérative locale.

Évaluation des avancées : les nuances apportées par CASMIA-G
Malgré ce constat critique, l’ONG CASMIA-G souligne qu’il ne faut pas condamner définitivement l’initiative. Son coordonnateur, Chadrac Mukad, a mis en avant les efforts récents du comité de gestion pour redynamiser la structure.
Parmi les signaux positifs relevés lors de cette évaluation figurent notamment la présentation d’un premier lot officiel de minerais de cobalt certifiés EGC pour garantir la traçabilité, ainsi que le versement effectif de la redevance minière liée à l’artisanat, constituant une avancée fiscale inédite pour les finances publiques du Katanga.
« Nous saluons les efforts de l’équipe actuelle. Après cinq ans d’inactivité, voir l’EGC présenter du minerai certifié et verser la redevance minière constitue un précédent historique pour l’artisanat. »

Urgence de réformer le projet EGC
Cette journée d’évaluation organisée par CASMIA-G a permis de briser le silence et d’instaurer un dialogue direct entre l’EGC, les coopératives et les médias. Pour l’ensemble des parties prenantes, l’EGC doit désormais dépasser le stade des annonces et engager des réformes structurelles profondes pour concrétiser son projet d’origine et apporter une réelle justice socio-économique aux communautés du Lualaba.
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