Home Mines RDC: «Garde Minière», le secteur minier congolais est-il sur le point de se doter d’un bouclier efficace ou d’un nouveau gouffre financier ?
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RDC: «Garde Minière», le secteur minier congolais est-il sur le point de se doter d’un bouclier efficace ou d’un nouveau gouffre financier ?

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L’Inspection Générale des Mines (IGM) a officialisé la création d’une Garde minière pour verrouiller la chaîne d’exploitation des minerais. Mais pour la société civile, notamment l’ASBL Justicia, cette structure est une aberration juridique qui cache des velléités de corruption.

L’annonce de l’IGM ne laisse personne indifférent : d’ici 2028, plus de 20 000 gardes devraient être déployés dans les 22 provinces minières du pays. Si l’objectif affiché est de « sécuriser la chaîne d’exploitation », le projet se heurte déjà à un mur de critiques.

Pour Maître Timothée Mbuya, coordonnateur national de l’ASBL Justicia, cette initiative est un non-sens légal. Selon lui, le cadre juridique est déjà clair. Seule la Police des Mines est habilitée à assurer cette mission. « Cette police existe, mais elle est faiblement équipée », martèle-t-il.

Plutôt que de créer une force parallèle, le défenseur des droits de l’homme plaide pour une redynamisation de l’existant. Pour lui, la création de cette Garde s’apparente à un « détournement de fonds publics en téléchargement ».

Le poids de la « main mise politique »

Au-delà de l’aspect budgétaire, c’est l’efficacité même de cette garde qui est remise en question. L’insécurité et le pillage des mines ne seraient pas dus à un manque de troupes, mais à l’ingérence systémique des « personnalités politiquement exposées ». Maître Mbuya accuse des réseaux complexes mêlant cartels, familles politiques et investisseurs étrangers (Libanais, Pakistanais, Indiens, Chinois). « Les militaires qui viennent dans les mines sont envoyés par des décideurs politiques », dénonce-t-il, décrivant un système où l’argent dicte l’occupation des sites au profit de l’exploitation industrielle sauvage.

20 000 gardes : une solution ou un nouvel imbroglio ?

Malgré ce tir de barrage, l’IGM maintient son calendrier. Les autorités promettent un processus de sélection « rigoureux » pour les premiers agents. Mais sans une volonté politique de mettre fin à l’impunité des « parrains » des carrières minières, cette nouvelle garde risque, selon ses détracteurs, de n’être qu’un acteur supplémentaire dans un imbroglio déjà total.

Pour la société civile, le message est clair, la solution n’est pas dans la multiplication des structures, mais dans l’assainissement moral du secteur et le renforcement des moyens de la police officielle.

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