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Kolwezi : Eboulement à la carrière de Tshipuki, la population en colère contre les membres présumés de la famille présidentielle

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Quatre mineurs artisanaux sont pris au piège à la suite d’un éboulement tragique survenu ce jeudi 28 mai à la carrière Nyoka, sur le site minier de Tshipuki. Détenu par la Compagnie Minière de Tondo (CMT) et situé à environ 5 kilomètres du centre-ville de Kolwezi, le site est aujourd’hui paralysé. Ce vendredi 29 mai, les activités ont été totalement suspendues, laissant place à la détresse des familles et à la colère des creuseurs qui dénoncent une faillite sécuritaire totale liée à des interférences politiques et militaires.

Un drame prévisible sur fond d’anarchie

Autour du puits effondré, l’ambiance est lourde. Les regards des mineurs et des familles restent figés, oscillant entre l’effroi et l’attente douloureuse de l’extraction des corps. Très vite, la résignation a cédé la place à la révolte. Sur les lieux, les compagnons des victimes pointent du doigt l’absence totale de techniciens pour encadrer les travaux de creuse et inspecter la stabilité des galeries avant les descentes.

Selon les témoignages recueillis sur place, ce manque de supervision technique découle directement d’un système de prédation. Les mineurs affirment que des individus se réclamant de la famille présidentielle, escortés par des militaires, font la loi sur le site. Cette présence armée aurait chassé les encadreurs techniques légitimes, privant les creuseurs des mesures de protection les plus élémentaires. « Nous sommes étouffés. Il y a des équipes qui viennent ici soi-disant de la famille présidentielle avec des militaires dans la carrière. Nous ne travaillons plus bien à cause des tracasseries », dénonce un mineur artisan sous le choc.

Fuite des responsables et abandon des familles

Les gestionnaires qui supervisaient l’exploitation ont déserté le site, abandonnant les familles des victimes à leur propre sort. Cette fuite alimente la colère de la communauté locale, qui s’interroge désormais sur la prise en charge des obsèques et l’indemnisation des proches. « Ce sont eux qui percevaient l’argent. Il y a des frais qu’ils doivent payer pour indemniser ces gens et assister les familles. Comme ils ont pris l’argent et sont partis, qui va faire leur travail ? C’est nous ou le gouvernement ? Nous les attendons de pied ferme avec les familles pour qu’ils nous disent au nom de qui ils perçoivent cet argent », s’insurge un travailleur du site.

Appel à la reprise en main de l’État

Dans le quartier voisin de Musonoi, la disparition de ces quatre jeunes mineurs a provoqué un véritable séisme émotionnel. Face à ce drame de trop, Evariste Ndume, président de l’association des Jeunes Dynamiques de Musonoi, interpelle directement les pouvoirs publics. Pour lui, il est urgent que l’État congolais reprenne le contrôle total de cette zone minière afin d’y restaurer l’ordre, la légalité et la sécurité.

La société civile locale exige également une enquête rigoureuse pour identifier les responsables de cette tragédie et lever le voile sur ceux qui exploitent illégalement la carrière sous couvert de parrainages politiques.« Nous ne pouvons pas accepter que quiconque vienne salir le nom du Chef de l’État pour des intérêts personnels. Nous voulons que ces gens soient identifiés pour éviter le pire, parce que nous sommes là pour imposer le calme », prévient un représentant local.

À la carrière Nyoka, le temps s’est arrêté. Les pioches se sont tues, et les mineurs attendent désormais, le cœur lourd, que la terre rende les corps de leurs camarades

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