À Kisankala, dans la province du Lualaba, le tonnerre de la colère a grondé ce jeudi 16 avril 2026. Entre pillage des ressources et mépris des populations, un projet minier porté par un exploitant chinois menace de rayer de la carte l’unique voie d’accès de la localité. Face à ce qu’ils qualifient d’« arrêt de mort », les habitants, chef coutumier en tête, ont choisi la résistance.
Cracher sur la mémoire des ancêtres
Pour le Chef Semba, l’autorité traditionnelle locale, toucher à cette route est un sacrilège. « Cette voie a été tracée à la main par nos ancêtres ; la vendre aujourd’hui serait cracher sur leur mémoire », a-t-il déclaré avec fermeté devant ses administrés. Refusant de voir son fief devenir une île isolée, le chef a lancé un mot d’ordre clair : aucune machine ne passera. « Dès que vous constaterez la présence d’engins, faites-moi signe pour que je m’en charge personnellement », a-t-il martelé, interpellant directement le sommet de l’État pour protéger ce qu’il reste de l’histoire de son peuple.

Une survie menacée
Sur le terrain, la résistance n’est pas que symbolique. Les organisations de la société civile font front commun. Mexa Mukanya, coordonnateur de l’ONG EBENEZER, appelle à une « résistance civique » pour la survie des droits humains. Le constat est d’autant plus amer que le village est déjà sinistré.« Nous n’avons ni école, ni hôpital, ni même de marché. Notre quotidien est déjà un calvaire », s’indigne un habitant. « S’ils détruisent la route, comptent-ils mettre des avions à notre disposition pour nos déplacements ? »

Un désastre écologique et social « au vu et au su de tous »
Au-delà de l’infrastructure, c’est le pillage systématique qui est pointé du doigt. Paul Déocratias Yambenu, de la Nouvelle Société Civile Congolaise, dresse un bilan noir : dégradation environnementale accélérée et précarisation extrême des locaux. Pour lui, cette exploitation illégale, qui se déroule « au vu et au su de tous », est une insulte aux lois de la République.Le message des habitants est désormais unanime et radical : « S’ils tentent de s’approprier cette route par la force, ils devront nous enterrer tous. »
À Kisankala, on ne défend plus seulement du bitume ou de la terre battue, on défend le droit d’exister sur sa propre terre face à l’appétit insatiable du profit illicite
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