La synergie de la société civile, portée par la Nouvelle Société Civile Congolaise et l’ONG Ebenezer, de Kisankala et KISANFU, au Lualaba, a officiellement déposé une plainte pénalement assortie d’une constitution de partie civile, auprès de l’Auditorat militaire de garnison de Kolwezi, ce jeudi 20 août 2026, à la suite des événements survenus les 15 et 18 août derniers, pour exiger des sanctions judiciaires contre un officier de la Garde Républicaine (GR) et ses hommes.
Rien ne va plus entre la communauté locale et les éléments de la Garde Républicaine préposés à la sécurisation des installations minières exploitées par des ressortissants chinois. Face à ce que les acteurs civiques qualifient de climat de terreur et de dérive autoritaire, la société civile locale saisit la justice militaire.

Selon les détails énoncés dans la plainte, les exactions ont franchi un seuil critique au milieu du mois d’août. Dans la nuit du 15 août vers minuit, une première expédition punitive a ciblé le chef des terres traditionnel, le chef Semba Dieudonné, dans une tentative d’enlèvement avortée.
Trois jours plus tard, le 18 août, la situation a basculé : les mêmes militaires auraient érigé une barrière routière illégale afin de prélever de force des taxes sur les artisans miniers. Venus s’enquérir pacifiquement des raisons de cette tracasserie sous la conduite du président de leur corporation, les creuseurs se sont heurtés à une réponse d’une extrême brutalité. Les militaires ont ouvert le feu devant la foule sans arme.

Devant les magistrats militaires, le dossier déposé par la société civile charge lourdement le commandant de la GR et ses hommes. Les griefs retenus à leur encontre comprennent notamment :
Coups et blessures volontaires par arme à feu ; Menaces de mort et tentative d’assassinat ; Trouble à l’ordre public; Violation de consignes militaires et dissipation de munitions.
Outre ces crimes pénalement répréhensibles, les requérants dénoncent une violation flagrante et délibérée de la décision présidentielle du 20 juillet 2026, laquelle interdit de manière stricte et sans équivoque toute présence de forces militaires dans les sites et concessions d’exploitation minière à travers le territoire national.
Interrogés sur la légalité de leurs actes sur le terrain, les militaires incriminés auraient refusé de se soumettre à toute autre autorité, se prévalant d’être une « unité détachée opérant sous les ordres directs de Kinshasa » et échappant au contrôle de la 22ᵉ Région militaire.
Une posture de défiance insupportable pour les responsables de la synergie civique :
« Ces militaires ne sont pas au-dessus de la loi. Nous sommes tous Congolais et seule la loi doit primer dans notre pays », a martelé le porte-parole de la société civile sur les marches du tribunal militaire.

Face à ce qu’ils qualifient de « défi lancé à la République », les leaders civiques Mexa Mukanya et Paul Deogratias Yambenu ont lancé un appel à la mobilisation collective des communautés de Kisankala, Kisanfu et des agglomérations environnantes. Ils invitent la population à se constituer bloc derrière cette démarche judiciaire pour accompagner le dossier jusqu’au jugement.
Reitérant sa confiance dans l’appareil judiciaire militaire, la population du Lualaba attend désormais la fixation rapide d’un procès public et des sanctions exemplaires, afin de mettre un terme définitif à l’insécurité dans les périmètres miniers de la province.
Leave a comment