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RDC : Quatre activistes au tribunal pour avoir dénoncé le pillage de l’or et diament dans la Tshopo

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Dans la province de la Tshopo, la vérité a désormais un prix : la liberté, voire la vie. Depuis la publication du rapport explosif intitulé « Qui alimente l’exploitation illégale de l’or et du diamant dans la province de la Tshopo ? », quatre défenseurs des droits humains vivent avec une cible dans le dos. Gauthier Kasonya, Léonard Zama, Kapipa Simplice et Malindo Fayzon sont aujourd’hui traînés devant les tribunaux par la coopérative COMYA DON DE DIEU.

Le mode opératoire est classique mais brutal.

Après avoir essuyé des violences physiques, des enquêteurs auraient été agressés jusque dans les couloirs du Ministère provincial des Mines. Ces activistes font face à une avalanche de « citations directes ». Le 30 janvier 2026, COMYA DON DE DIEU ouvrait le bal, suivie de près le 14 février par une mystérieuse entreprise chinoise.

Pour la société civile, le diagnostic est sans appel : il s’agit d’une instrumentalisation flagrante de la justice. L’enjeu n’est pas de rétablir une vérité blessée, mais de « pérenniser le silence » sur l’exploitation illégale à grande échelle des ressources minières.

Cette répression ne frappe pas seulement des individus ; elle insulte les engagements internationaux de la République Démocratique du Congo. Alors que le pays prône la transparence via l’Initiative pour la Transparence dans les Industries Extractives (ITIE), ces poursuites constituent une « restriction grave de l’espace civique », comme le dénonce une lettre ouverte adressée au Ministre d’État, Ministre du Plan.

« Lorsque des membres de la société civile font l’objet de poursuites en raison de leur engagement dans la transparence, cela va à l’encontre des principes fondamentaux de l’ITIE », rappelle Donat Kambola, délégué de la société civile.

Derrière le nom pieux de « Don de Dieu » se dessine une réalité bien plus terrestre. En refusant de fournir les informations officielles et en répondant par des insultes et des menaces de mort anonymes, les acteurs locaux et leurs partenaires étrangers confirment, par leur nervosité, la pertinence des enquêtes menées par l’IPDHOR et le PELDDH.

Aujourd’hui, la question n’est plus seulement de savoir ce que cache COMYA DON DE DIEU, mais de savoir si l’État congolais laissera ses propres lois et sa propre souveraineté être piétinées par des intérêts privés mafieux. Le temps n’est plus à l’observation, mais à l’action. La justice de la Tshopo sera-t-elle le complice du pillage ou le rempart de la République ?

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