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Lualaba : Le sang coule à Kakanda, chronique d’une faillite étatique dans le secteur minier

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L’agglomération de Kakanda s’est réveillée dans les flammes et le sang, ce jeudi 5 mars 2026. Derrière l’assassinat brutal du négociant minier Tshimwanga Sakalwila Dody et d’une jeune femme par des militaires, se cache une réalité plus sombre. L’effondrement de l’autorité de l’État au profit de réseaux mafieux et d’une exploitation minière sauvage.

Tout a basculé mercredi soir pour un droit de passage de trop. Dody, membre de la CONEKA, une association des Creuseurs et Négociants a payé de sa vie, sa résistance face à une énième barrière illégale. Ce meurtre n’est pas un incident isolé, mais le résultat prévisible de la multiplication de postes de contrôle illicites tenus par des hommes en uniforme. Ces douanes de fortune illustrent la défaillance flagrante des autorités militaires qui peinent à discipliner des troupes qui se comportent davantage en prédateurs qu’en protecteurs des citoyens.

La chefferie de Bayeke et le Gouvernement provoncial sur le banc des accusés

La chefferie de Bayeke et les autorités politico-administratives provinciales se retrouvent aujourd’hui sur le banc des accusés. Leur passivité face à l’installation de ces barrières et à l’occupation illégale des périmètres miniers est perçue par la population comme une trahison. En laissant pourrir la situation, elles auraient transformé Kakanda en une poudrière sociale.

Le bilan est désormais lourd. Deux morts, des blessés par balles, des bâtiments publics et des camions incendiés. La réponse des forces de l’ordre, consistant à tirer sur une foule en deuil, ne fait qu’accentuer la rupture définitive entre les gouvernés et les gouvernants.

L’urgence d’une justice exemplaire

La cité de Kakanda est aujourd’hui un champ de ruines et de larmes. Si les autorités provinciales et centrales ne procèdent pas immédiatement au démantèlement des réseaux de pillage et à la traduction en justice des meurtriers et de leurs donneurs d’ordres, l’escalade pourrait embraser l’ensemble du bassin minier du Lualaba.

L’heure n’est plus aux communiqués de compassion, mais à la fin de l’impunité pour les « intouchables » qui transforment le cuivre et le cobalt du Lualaba en malédiction pour ses propres fils.

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