Licenciements abusifs, non-respect du SMIG et couverture médicale dérisoire : les employés de la Compagnie Nord des Services des Ingénieries Minières (CONOSIS), une sous-traitance Chinoise, brisent le silence. Entre peur des représailles et conditions de travail précaires, ils lancent un cri de détresse aux autorités provinciales.
Dans le bassin minier du Haut-Katanga, derrière les chiffres de production de cuivre et de cobalt, se cache parfois une réalité sociale brutale. À Kambove, les agents de l’entreprise CONOSIS S.A.S, spécialisée dans le forage et le minage (Drilling and Blasting), affirment vivre un véritable « enfer » professionnel.

Vingt (20) dollars pour une vie
Le grief le plus frappant concerne la prise en charge sanitaire. Bien que les métiers du forage exposent directement les travailleurs à des poussières nocives et à des risques d’accidents permanents, la société n’allouerait que 20 dollars américains par agent pour les soins dans ses hôpitaux partenaires.
« Comment se soigner avec 20 dollars quand on travaille dans les mines ? », s’insurge un employé sous couvert d’anonymat. « Pour n’importe quelle pathologie sérieuse liée à notre exposition, le reste de la facture est à notre charge, prélevé sur un salaire déjà misérable. C’est nous qui finançons notre propre usure physique. »

Un SMIG de façade et des accusations de fraude
Le climat social a basculé le 12 février dernier. Après une manifestation réclamant l’application du nouveau Salaire Minimum Interprofessionnel Garanti (SMIG), la réponse de la direction aurait été radicale : une vague de licenciements qualifiés d’abusifs par les travailleurs.
Plus grave encore, les agents restés en poste accusent l’employeur de « faux et usage de faux ». Selon leurs témoignages, l’entreprise utiliserait des manœuvres administratives pour simuler le respect du SMIG sur papier, alors que la réalité des fiches de paie reste inchangée.
Un climat de terreur
Aujourd’hui, c’est la « peur au ventre » qui domine sur les sites de forage. La menace de licenciement plane sur quiconque oserait porter une revendication. Cette pression psychologique vient s’ajouter à des conditions de travail déjà pénibles, dans un secteur où la rigueur et la sécurité devraient être la priorité.
Face à ce qu’ils qualifient de « calvaire », les agents de CONOSIS S.A.S lancent un cri d’alarme aux autorités congolaises, et particulièrement à l’Inspection du Travail. Ils réclament une enquête urgente sur les pratiques de cette société qui opère en sous-traitance pour plusieurs grands sites miniers de la région.
À ce stade, la direction de CONOSIS n’a pas encore officiellement réagi à ces accusations, malgré nos multiples tentatives. Le dossier reste ouvert
Leave a comment