Trois ans après le lancement du processus de délocalisation des communautés de Mano Mapia, le bilan sucite débat et inquétude. Dans un communiqué, publié ce samedi 25 avril 2026, l’ONG IPDHOR fustige l’opacité financière, le mépris des procédures légales et l’inaction des autorités provinciales face à la détresse des populations.
Le dossier s’enlise et la colère monte
L’Initiative pour la Protection des Droits de l’Homme et la Réinsertion Sociale (IPDHOR) briser le silence pour dénoncer ce qu’elle qualifie de « violation systématique du code minier ». Alors que la Commission de délocalisation devait garantir une transition juste, les communautés locales se disent aujourd’hui victimes d’un système opaque.
Des finances dans le flou total
Le premier point de friction est financier. L’IPDHOR pointe des écarts flagrants entre les sommes annoncées officiellement par le Ministre Provincial de l’Agriculture qui préside la commission provinciale et les montants réellement perçus par les victimes.L’absence de bordereaux de paiement prive les communautés de toute traçabilité, renforçant le flou autour des opérations.
Plus grave encore, des paiements identiques auraient été versés à plusieurs reprises sans ajustement, malgré le caractère dérisoire des sommes et les promesses faites devant l’Assemblée Provinciale lors des dialogues de 2025.

Pressions sanitaires et expulsions forcées
Le tableau dépeint par l’ONG est sombre. À Fungurume, la pression sur les habitants prendrait une forme environnementale avec l’installation d’un dépotoir à moins de dix mètres des habitations. Une méthode dénoncée comme une manœuvre pour forcer le départ des familles en les exposant à de graves risques sanitaires. L’IPDHOR rappelle également le sort tragique de plus de quatre mille familles expulsées par Tenke Fungurume Mining (TFM) sur l’axe Kalweji–Kibalasani.
Bien qu’acquittées par le Tribunal de paix de Lubudi après des arrestations jugées arbitraires, ces familles demeurent aujourd’hui sans réparation ni accompagnement, interdites d’accéder à leurs propres parcelles et champs.
Un appel à l’arbitrage de la Gouverneure
Face à ce blocage, l’organisation ne demande plus seulement des explications, mais des actes concrets. Elle exige désormais la mise en œuvre immédiate des résolutions de l’Assemblée provinciale ainsi qu’une transparence totale dans la gestion des fonds, incluant la remise systématique des preuves de paiement aux bénéficiaires.L
’ONG insiste enfin sur la nécessité d’une réparation juste pour toutes les familles victimes d’expulsion. Elle interpelle directement la Gouverneure du Lualaba, l’appelant à arbitrer de toute urgence ce conflit qui oppose les opérateurs miniers et la Commission de délocalisation aux citoyens. Pour l’IPDHOR, il est temps de mettre fin à l’opacité et de restaurer la dignité des communautés affectées.
Leave a comment