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Kolwezi : Quand le profit de Ruashi Mining étouffe les enfants de la cellule Dilungu (Editorial)

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À Kolwezi, dans le cœur battant du Lualaba, l’air a désormais le goût métallique du sang. Derrière l’exploitation de Ruashi Mining se cache une tragédie humaine silencieuse. Des enfants du quartier Biashara ne parviennent plus à respirer.

Le constat est glaçant. Dans les cellules Dilungu, Bel-air et Camp Dilala, l’innocence est littéralement tachée de rouge. Les témoignages recueillis par l’ONG IBGDH ASBL, ce samedi 14 février 2026 dépeignent une scène de guerre sanitaire. Des enfants dont le sommeil est interrompu par des saignements de nez chroniques (épistaxis) et des poumons frêles qui luttent contre une atmosphère saturée de poussières toxiques.

Un poison quotidien nommé Ruashi Mining.

L’exploitation minière du Groupe Jinchuan, via sa filiale Ruashi Mining, est au centre de toutes les accusations. Les particules fines rejetées par les installations et le balai incessant des engins transforment le réflexe vital de respirer en un risque mortel.Pour les riverains, le contraste est insupportable. D’un côté, des bilans financiers florissants et des exportations massives. De l’autre, des familles qui s’endettent pour soigner des pathologies respiratoires que le simple éloignement des sites miniers pourrait éviter.

L’impuissance des autorités avec des visites sans lendemain.

Pourtant, le dossier n’est pas inconnu des décideurs. Les descentes officielles se sont succédé.Le Ministre National de l’Environnement, Marie Nyange Ndambo a foulé le sol poussiéreux de Biashara. La Gouverneure du Lualaba, Fifi Masuka a constaté l’ampleur des dégâts. Mais entre les promesses de régulation et la réalité du terrain, le fossé se creuse. Malgré la présence de l’État, les machines continuent de vrombir et les poussières de s’infiltrer dans les foyers.

La population se demande aujourd’hui : «que vaut la vie d’un enfant de Dilungu face aux dividendes d’une multinationale ?» Le cri de détresse de ce 14 février ne doit pas rester une simple “alerte” de plus dans les rapports des ASBL. Il est l’expression d’une limite franchie.

L’exigence des citoyens est simple, l’application immédiate des normes environnementales, une indemnisation pour les victimes et, surtout, le droit de vivre dans un environnement qui ne les tue pas à petit feu. À Dilungu, on ne demande pas la charité, mais le droit de respirer. Sans sang, et sans peur.

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