Du 19 au 20 février 2026, la province du Lualaba a vibré au rythme d’une campagne de sensibilisation inédite. Portée par l’Initiative pour la Protection des Droits de l’Homme et la Réinsertion Sociale (IPDHOR), cette mobilisation a réuni jeunes, journalistes et activistes pour dénoncer les dérives environnementales et sociales liées à l’industrie minière.

Sillonnant les quartiers et villages les plus impactés par la pollution, les équipes de l’IPDHOR ont recueilli des témoignages poignants sur la réalité du terrain. Au quartier UCK, par exemple, l’exploitation minière a rendu l’accès à l’eau potable quasi impossible. Le prix du bidon de 20 litres a grimpé à 1000 francs congolais, obligeant les habitants à parcourir des kilomètres pour subvenir à leurs besoins vitaux.

Le chef de terre KAMIMBI, Lambert Kasongo Misenge, y va sans détour : « Tout ce que nous rencontrons est dû au laxisme des autorités. C’est le Cadastre Minier (CAMI) qui octroie des permis sans tenir compte des zones résidentielles. Nous nous retrouvons locataires dans notre propre pays », a-t-il déploré.

L’ONG ne s’est pas contentée de dresser un constat. Elle a lancé un appel à la rigueur aux entreprises minières, exigeant la publication immédiate de documents essentiels pour la protection des citoyens. IPDHOR exige les rapports des émissions de gaz à effet de serre. Les Études d’Impact Environnemental et Social (EIES). Les Plans de Gestion Environnementale et Sociale (PGES).

La campagne a également mis en lumière le fléau des expulsions forcées sans réinstallation préalable, une pratique jugée illégale et attentatoire aux droits humains fondamentaux.Outre les mines, la gestion des déchets ménagers est au cœur des préoccupations.
L’IPDHOR interpelle les producteurs de bouteilles plastiques, exigeant la présentation de plans de recyclage clairs. À Kolwezi, l’accumulation de ces déchets bouche les caniveaux, provoquant des inondations récurrentes qui fragilisent davantage les infrastructures urbaines.

La campagne s’est clôturée par une série de recommandations fermes adressées aux autorités provinciales, aux services publics et entreprise Minière. L’objectif est clair : transformer le Lualaba en une province où le développement minier ne se fait plus au détriment des droits des communautés, mais dans le respect strict de la justice climatique.
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