La situation socio-économique dans la province du Lualaba est secouée, ces derniers jours par une série de tensions et de violations des droits humains. Réunies au sein d’une synergie d’organisations de la société civile œuvrant dans le secteur des ressources naturelles, plusieurs structures ont animé une conférence de presse, ce mardi 03 novembre pour exprimer leur profonde inquiétude suite aux interventions menées par une commission interservice venue de Kinshasa.
Tout en reconnaissant la légitimité des efforts de l’État pour restaurer l’ordre, lutter contre la fraude minière et formaliser le secteur de l’artisanat minier, la société civile dénonce des opérations conduites dans l’opacité et en violation des droits fondamentaux.
Parmi les actions incriminées, l’on relève notamment des arrestations de ressortissants étrangers, majoritairement chinois, la saisie de camions transportant des minerais acheminés vers le centre de négoce de Musompo, la suspension de certains responsables de l’administration minière, ainsi que le déguerpissement forcé des exploitants artisanaux du site de Kamilombe.

Le dossier du site de Kamilombe illustre l’acuité de la crise.
Depuis le 25 octobre 2026, entre 30 000 et 50 000 personnes dépendant directement ou indirectement de cette activité économique ont été contraintes de quitter les lieux au profit de la coentreprise Kabulungu Kamilombe Mining (liée au groupe Emirati), alors même que ce site avait été présenté par le gouvernement comme un modèle de formalisation. La synergie déplore l’absence de consultation préalable, de dialogue constructif et de moratoire accordé pour un départ en douceur.
De plus, les indemnités forfaitaires proposées (estimées entre 400 et 1 200 dollars américains par puit) sont jugées insuffisantes, ne couvrant ni les investissements réalisés ni le nombre important de creuseurs associés à chaque puits. À ce jour, la zone d’exploitation alternative (ZEA 371) n’a toujours pas été viabilisée, laissant des milliers de familles sans sources de revenus durables.

La société civile exhorte les autorités nationales à rectifier le tir à travers des mesures concrètes. Elle demande ainsi au Président de la République et au Gouvernement national de revoir à la hausse les indemnités allouées aux exploitants de Kamilombe et de garantir que les accords miniers respectent scrupuleusement les droits fondamentaux des Congolais.
Elle invite également le Ministère national des Mines à accélérer la viabilisation de la ZEA 371 afin de permettre le redéploiement des exploitants dans des conditions dignes et sécurisées. L’entreprise Kabulungu Kamilombe Mining est appelée à réaliser les études d’impact environnemental et social requises, à engager un dialogue sincère avec les communautés locales et à signer un cahier des charges adéquat.
La synergie des organisations de la société civile rappelle avec fermeté que « la paix et les accords ne peuvent se construire au prix de la souffrance des Congolais », insistant sur le fait que le développement du secteur minier doit impérativement reposer sur la transparence, la responsabilité et le respect des droits humains.
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