L’indignation est à son comble dans le Haut-Katanga. À la Compagnie Minière de Luisha (COMILU SAS), une entreprise, fruit d’un partenariat entre CREC/COVEC et la Gécamines, des pratiques d’un autre âge déchirent le tissu social et piétinent la législation de la République Démocratique du Congo. Entre tri tribal systématique, mépris des lois du travail et humiliations quotidiennes, l’entreprise semble s’être érigée en « État dans l’État », sous le regard passif, voire complice.
« Tri Tribal » : Une barrière de fer contre certains congolais
L’accusation est gravissime, mais les témoignages concordent. À la COMILU, le patronyme définit le droit au travail. Selon des révélations récentes, une véritable politique d’épuration ethnique à l’embauche a été instaurée par deux cadres de nationalité chinoise notamment une certaine Zao, Responsable des Ressources Humaines et le Responsable de la sécurité accusés de tribalisme. Le “crime” rédhibitoire ? Porter un nom à consonance Luba du Kasaï.
Plus de 100 jeunes Congolais, pourtant qualifiés, auraient été écartés de la chaîne de production pour ce motif unique. En agissant de la sorte, ces expatriés bafouent l’article 13 de la Constitution congolaise sur le sol même des ancêtres de ceux qu’ils rejettent. Une dérive aux allures d’apartheid qui menace directement la cohésion nationale.

Au-delà de la discrimination, ce sont les conditions de travail au sein de la mine qui effraient. À la COMILU, le Code du travail semble être un concept étranger. Des employés travaillent sans aucun document légal les liant à l’entreprise. Un programme hebdomadaire s’étendant du lundi au dimanche, sans repos, du 1er au 30 du mois. Les normes de protection de base sont ignorées, mettant en péril la vie des ouvriers. Gave encore, des manifestations, pourtant pacifiques organisées pour réclamer le respect des lois sont souvent repremées à coup de balles. Des Chinois portent des armes AK47, pour intimider les travailleurs Congolais.
Le climat managérial est décrit comme tyrannique. Selon nos sources, au sein de la Compagnie Minière de Luisha, Un licenciement peut tomber pour une simple saute d’humeur d’un superviseur chinois “un surplus de piment dans son plat” suffisant à sceller le sort d’un père de famille. Le cas d’un agent anonyme récemment remercié illustre cette répression. Pour avoir simplement arboré un message de revendication lors d’une grève, ce travailleur a été la cible d’un harcèlement ciblé jusqu’à sa révocation. Une stratégie de “mise à genoux” destinée à briser toute velléité de réclamer justice. Plus encore, ils dénoncent l’absence d’un congé annuel.

Démenti formel sur la discrimination
Au cours d’un entretien accordé à SAUTI YA LUALABA, l’entreprise a rejeté catégoriquement les accusations de discrimination à l’embauche. Elle affirme n’avoir jamais écarté des candidats congolais en raison de leurs origines géographiques. Pour le représentant de l’entreprise, la main-d’œuvre de la COMILU est composée de travailleurs issus de toutes les provinces de la RDC, avec une présence significative de ressortissants du Kasaï.
Comilu précise qu’aucun appel d’offres n’a été lancé récemment. Elle rappelle que tout recrutement répond à une procédure stricte basée exclusivement sur les compétences et s’effectue en collaboration avec l’ONEM (Office National de l’Emploi). La Direction précise que les ruptures de contrat ne sont pas arbitraires. Elles interviennent uniquement en cas de violation du règlement intérieur ou de fautes graves dûment constatatées.
Le licenciement au sein de Comilu n’est jamais arbitraire. Il n’intervient qu’en cas de Violation du règlement intérieur «Le respect des normes de l’entreprise est une condition sine qua non du maintien de la relation contractuelle». Toute déviance majeure par rapport aux obligations professionnelles est traitée conformément à la législation du travail en vigueur. La direction de Comilu réitère son engagement à contribuer au développement économique du pays dans le respect strict des lois et de l’équité sociale.
Malgré cette position de l’entreprise rejetant tout en bloc, une plainte des victimes des patiques tribales au sein de la Compagnie Minière de Luisha a été déposée à l’inspection du travail. Une action qui met en doute, les moyens de défenses sur lesquels s’arcboute COMILU.
Le silence coupable des Gouvernants
Comment des expatriés peuvent-ils se permettre de piétiner la dignité d’un fils du pays chez lui ? Cette arrogance pose la question de la complicité de certains services de l’État. Les victimes soupçonnent une “connivence incestueuse” où la protection des citoyens est troquée contre des intérêts personnels obscurs.
L’implication immédiate du gouvernement central à Kinshasa est désormais impérative. L’investissement étranger ne peut en aucun cas servir de permis d’humilier. La justice doit passer de manière exemplaire, sous peine de voir le peuple, excédé par tant d’oppression, la réclamer lui-même
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