Dans une démarche visant à renforcer la surveillance citoyenne du secteur extractif, l’Institut Républicain International (IRI) a clôturé, ce vendredi 27 mars 2026, un atelier intensif de deux jours sur le reporting minier numérique. Réunis dans le cadre professionnel de la salle Harambée du Novotel Lubumbashi, une trentaine de professionnels des médias et d’activistes de la société civile ont planché sur les mécanismes de collecte et d’analyse de données.
Le secteur minier représentant près de 80 % de l’économie de la République Démocratique du Congo, sa gestion transparente s’impose comme un impératif national.

Maîtriser les étapes d’un reporting de qualité
Sous la houlette de Noëmie Kilembe, consultante pour l’IRI, la première journée a été consacrée à la méthodologie. À travers des exercices pratiques et des simulations de prise de parole, les participants ont déconstruit le processus d’élaboration d’un rapport d’investigation ou de monitoring efficace. Pour l’experte, l’information n’est pas une fin en soi, mais un véritable levier de gouvernance .
« Les médias collectent et diffusent des données essentielles pour la redevabilité. Ils doivent former une opinion publique éclairée, permettant aux citoyens de peser sur les choix politiques et économiques du pays. » A-t-elle souligné
Et d’ajouter « Pour les médias et les organisations de la société civile, la maîtrise du reporting, de la collecte de données aux outils numériques est devenue un levier stratégique. Dans un secteur minier complexe exigeant une surveillance permanente, des acteurs bien outillés garantissent un suivi rigoureux. Un reporting de qualité est, en effet, le socle indispensable à la prise de décisions éclairées pour l’avenir du secteur. »

La technologie au service de la surveillance
La seconde journée a marqué un tournant technique. Les participants sont initiés à une panoplie d’outils numériques permettant de croiser les informations officielles avec les réalités du terrain. Sentinel Hub et AMAP pour le suivi satellitaire des concessions et de l’impact environnemental. Tandis que ITIE-RDC et CAMI (Cadastre Minier), pour la vérification des flux financiers et de la légalité des titres. Et KoboToolbox, pemettant la collecte de données sécurisée lors des enquêtes de terrain.

Un sentiment de montée en puissance
L’enthousiasme était palpable lors des travaux de groupe finaux. Becky Kasongo, journaliste à Sauti ya Lualaba, témoigne de l’impact immédiat de cette formation. « Je viens d’ajouter une valeur réelle à mes compétences. Apprendre à utiliser ces outils change ma manière de surveiller le secteur. Ce cadre était nécessaire pour nous permettre de passer du simple constat à une analyse basée sur des preuves numériques. »
En mettant à disposition divers modules techniques, l’Institut Républicain International (IRI) espère pérenniser cet apprentissage. L’objectif final est clair : transformer les professionnels des médias et les activistes en véritables garde-fous pour garantir la transparence et la bonne gouvernance dans le secteur minier.
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