C’est une alliance historique pour la vérité. Pour la toute première fois, les médias Sauti ya Lualaba et Uwazi ont uni leurs forces à l’organisation de la société civile IBGDH pour briser le silence. Le fruit de leur enquête conjointe, révélé ce vendredi 13 mars à la salle Immaculata, dresse un réquisitoire implacable contre l’entreprise Ruashi Mining, dont les activités condamnent les habitants de Kolwezi à une lente agonie environnementale et humaine.

À Kolwezi, derrière l’éclat du cobalt indispensable à la transition énergétique mondiale, se cache une réalité sinistre. Pendant trois mois, les enquêteurs de cette coalition inédite ont infiltré le quotidien des cellules Dilungu, Bel Air et Jacques Masengo (Quartier Biashara). Leur rapport ne se contente pas de chiffres, il documente un enfer à ciel ouvert.

Un écosystème en décomposition
L’enquête démontre que la présence de Ruashi Mining a transformé la vie locale en cauchemar. Un bassin de rétention d’acide dont les émanations et les infiltrations dévastent tout sur leur passage. Les plantations, jadis nourricières, sèchent sur pied. L’activité agricole, pilier de l’économie des ménages, est désormais impossible. Même le fer ne résiste pas à la toxicité de l’air. Les tôles des maisons se trouent, rongées par les pluies acides et les poussières corrosives.
Une exploitation avec un coût humain : Sang et larmes
Mais c’est sur les corps des habitants que les stigmates sont les plus révoltants. Les témoignages recueillis et les prélèvements effectués pointent une urgence sanitaire absolue. La population locale respire et boit le poison de la mine. Les symptômes sont généralisés. Picotements incessants, problèmes respiratoires et, plus grave encore, des saignements inexpliqués qui témoignent de la violence de l’exposition aux produits chimiques.

Une coalition pour forcer l’action
En publiant ce rapport conjoint, Sauti ya Lualaba, Uwazi et l’IBGDH ne cherchent pas seulement à informer, ils lancent un assaut médiatique et juridique. L’objectif est de porter la voix des victimes au-delà des frontières de la province et placer le gouvernement ainsi que les dirigeants de Ruashi Mining devant leurs responsabilités.
Face à ce qu’ils qualifient de mépris pour la vie humaine, les auteurs de l’enquête exigent des mesures radicales, à commencer par «la fermeture conservatoire des installations de Ruashi Mining». Pour SAUTI YA LUALABA, UWAZI et IBGDH, « l’On ne peut pas construire la modernité du monde sur le cadavre des populations de Kolwezi ». Les services techniques de l’État sont désormais au pied du mur. Ignorer ces conclusions reviendrait à se rendre complice d’un désastre humanitaire annoncé.
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