La tension est à son comble sur le site minier de Kwatebala (Tenke Fungurume Mining). Malgré la signature d’un protocole de non-poursuite ayant mis fin au débrayage du 1er au 3 juin dernier, plusieurs employés ont été nuitamment arrêtés le week-end du 12 au 13 juin. Les travailleurs dénoncent une “trahison” et un non-respect des engagements de la part de l’employeur.
Une trêve sociale rompue
Les agents de TFM avaient cessé le travail début juin pour réclamer l’accès aux termes de la nouvelle convention collective. À la demande de l’inspection du travail et du management, un comité de 15 représentants avait été désigné pour négocier. Les discussions avaient abouti à un engagement formel de la direction garantissant qu’aucune sanction ni poursuite ne seraient menées contre les grévistes.
Pourtant, dans la nuit du vendredi 12 juin, un coup de filet a ciblé plusieurs de ces représentants. À ce jour, au moins six agents ont été interpellés ou conduits vers des destinations inconnues, parmi lesquels : Daudet Mapanya, Mutshail Kadick, Nyenga Kweli, Cardinal Mbuyi, Alain Mukebo, Benjamin Mbiya.
La base des travailleurs pointe du doigt une complicité interne et la traitrise de certains de leurs collègues et fustige des méthodes qualifiées de “coloniales” visant à imposer l’omerta au détriment des droits humains et des lois de la République Démocratique du Congo. Un ultimatum de 5 jours a été lancé par les employés pour obtenir la libération et le paiement de leurs collègues, agitant le spectre d’une paralysie totale des usines de production de cuivre et de cobalt.
La société civile exige des comptes
Face à ce qu’elle qualifie de dérive autoritaire, l’ONG IPDHOR (Initiative pour la Protection des Droits de l’Homme et la Réinsertion Sociale) est montée au créneau ce lundi 15 juin via un communiqué officiel.
L’organisation exprime sa “profonde indignation” face à des arrestations qui violent de front l’article 39 de la Constitution congolaise protégeant le droit de grève, ainsi que l’article 315 du Code du travail.
« Ces arrestations interviennent alors qu’un acte d’engagement signé le 1er juin 2026 à Kwatebala prévoyait qu’aucune poursuite ne serait engagée », rappelle l’IPDHOR.
L’ONG exige du management de TFM des explications publiques immédiates sur les circonstances de ces interpellations, le lieu exact de détention des agents et l’état de leur santé. Elle appelle enfin la Gouverneure du Lualaba, Fifi Masuka, et l’inspection du travail à diligenter une enquête urgente pour restaurer la légalité et les droits fondamentaux des travailleurs.
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