La pression monte autour de l’entreprise Dirton Corporation Mining (DCM). Emboîtant le pas à la plateforme Sauti ya Lualaba, l’ONG Initiative pour la Protection des Droits Humains et la Réinsertion Sociale (IPDHOR) vient de publier un rapport accablant sur la situation à Mutaka II. Expulsions forcées, champs rasés et mépris total des lois, le cri de détresse des communautés locales trouve enfin un écho.
Le dossier Mutaka II n’est plus une simple rumeur de village, c’est désormais une affaire d’État. À l’instar de Sauti ya Lualaba qui venait d’alerter sur ces dérives minières dans la province, l’IPDHOR revient avec force sur le calvaire de 338 familles d’agriculteurs. Depuis huit mois, ces populations sont privées de leurs terres de subsistance par DCM, dans ce qui ressemble à une opération de spoliation à ciel ouvert.
Un mépris flagrant des procédures légales
L’enquête de terrain menée par l’IPDHOR confirme les pires craintes. Comme souvent dénoncé par les sentinelles citoyennes de la province, DCM aurait fait l’économie de toute étude d’impact environnemental et social (EIES). Aucune consultation, aucun dialogue : les engins ont parlé avant les hommes. L’article 34 de la Constitution, qui sacralise la propriété privée, semble s’arrêter aux portes du village de Mutaka II. Les témoignages recueillis sont révoltants. Des paysans voient le travail de toute une vie broyé en quelques heures, sans la moindre indemnisation préalable.

Une impunité sous protection politique ?
L’IPDHOR pointe du doigt une anomalie majeure. Malgré les rappels à l’ordre des ministres provinciaux de l’Agriculture et des Mines, DCM continue d’ignorer les instructions officielles. L’organisation fustige une « présumée protection politique » qui permettrait à l’entreprise de défier l’autorité de l’État. Cette situation d’impunité ne fait qu’attiser le risque de conflits sociaux violents entre une communauté aux abois et une entreprise perçue comme un envahisseur.
Les exigences de l’IPDHOR pour rétablir la justice
Face à cette crise, l’organisation exige des actes immédiats et ne se contente plus de simples promesses. Au Ministre National des Mines, l’ONG demande un audit sévère et la suspension des activités de DCM. La loi minière de 2018 ne doit pas être un simple morceau de papier, mais un outil de protection pour les Congolais. À la Gouverneure du Lualaba, l’appel est lancé pour l’arbitrage urgent d’une commission d’évaluation.
L’objectif est de forcer DCM à indemniser et réinstaller les 338 familles identifiées, tout en sécurisant juridiquement les terres agricoles face à l’appétit des miniers. À l’entreprise DCM, l’IPDHOR rappelle ses obligations de diligence raisonnable. Le profit ne peut justifier la famine de centaines de foyers.
L’heure des comptes a sonné
Tout comme les alertes de Sauti ya Lualaba, ce rapport de l’IPDHOR met les autorités face à leurs responsabilités. Le secteur minier ne peut plus se développer au détriment des droits fondamentaux.
À Mutaka II, c’est la crédibilité de l’État de droit qui est en jeu. La survie de 338 familles dépend désormais de la capacité du gouvernement à faire respecter sa propre loi face à la puissance des multinationales
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