Dans une déclaration récente, l’Initiative pour la Protection des Droits de l’Homme et la Réinsertion Sociale (IPDHOR) a vivement critiqué la gestion du dossier Kabobwa. Pour l’organisation, les dysfonctionnements observés dans le processus de déplacement des populations relèveraient en grande partie d’une défaillance de la Commission provinciale de délocalisation.
Pour le moment, le climat social reste tendu autour du site minier de Tenke Fungurume Mining (TFM). L’IPDHOR, qui suit de près la situation des communautés de Kabobwa, dresse un bilan sévère du processus de délocalisation. Selon l’ONG, le retour des habitants sur leur site d’origine le 20 avril dernier n’est que la conséquence directe d’un accompagnement jugé inexistant.
Des manquements administratifs selon l’IPDHOR
Pour les observateurs de l’IPDHOR, la responsabilité de la Commission Provinciale de délocalisation est engagée. L’organisation estime que cette instance n’a pas su jouer son rôle de régulateur entre l’opérateur minier et les populations civiles. Elle déplore notamment que la Commission ait laissé s’installer une situation où les compensations financières, jugées insuffisantes, n’ont été suivies d’aucune mesure concrète de réinstallation durable.
L’ONG souligne que, d’après les témoignages recueillis, des engagements contractuels prévoyaient une amélioration des conditions de vie des déplacés. Le non-respect de ces clauses démontrerait, selon l’IPDHOR, une « inefficacité » et un « manque de transparence » de la part de la Commission, qu’elle accuse d’avoir ignoré les multiples recours des victimes.
Un appel à la réforme institutionnelle
L’arrestation de onze membres de la communauté le 1er mai est interprétée par l’IPDHOR comme une tentative de dissimuler les failles d’un processus mal géré. Face à ce qu’elle qualifie de « déni de droits », l’organisation ne se contente plus de demander des réparations, elle réclame désormais une remise à plat des institutions locales.
Dans son plaidoyer, l’IPDHOR sollicite l’arbitrage de la Gouverneure de province pour obtenir la dissolution de l’actuelle Commission. Pour l’ONG, cette structure aurait perdu sa crédibilité en ne garantissant pas le respect des standards légaux et humains. Elle préconise le remplacement de cette commission par un mécanisme plus transparent, capable de veiller réellement à ce que les intérêts économiques ne l’emportent pas sur la dignité des populations.
Vers une enquête indépendante ?
En conclusion de sa communication, l’IPDHOR insiste sur la nécessité d’une mission d’enquête indépendante. Celle-ci aurait pour but de clarifier les responsabilités de chaque acteur, mais surtout de comprendre comment la Commission de délocalisation a pu valider un processus que l’ONG juge aujourd’hui « manifestement défaillant ».
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