Malgré des chiffres de production records, le géant minier CMOC Kisanfu Mining (KFM) est au cœur d’une polémique sociale. Entre accusations de non-respect du SMIG 2026 et climat d’intimidation, les ouvriers dénoncent un décalage flagrant entre la prospérité de l’entreprise et la précarité des conditions salariales
Situé à 45 kilomètres de la ville de Kolwezi, le fleuron de l’extraction de cuivre et de cobalt, CMOC KFM, est au coeur des accusations internes. En cause : le refus présumé de l’entreprise d’appliquer la revalorisation du Salaire Minimum Interprofessionnel Garanti (SMIG) pour l’exercice 2026.

Un climat de tension et des licenciements contestés
Depuis février dernier, le bras de fer est engagé. Selon des sources internes, un mouvement de grève prévu le 16 février pour réclamer l’ajustement des salaires et le départ du Directeur des Ressources Humaines (DRH) accusé de discrimination aurait été étouffé dans l’œuf. Plusieurs employés affirment que cette initiative a conduit à des licenciements punitifs.
« KFM est l’un des plus grands producteurs mondiaux de cobalt, mais les travailleurs souffrent. Seuls les expatriés s’y retrouvent. Nous demandons simplement l’application de la loi. Nos salaires stagnent entre 380 et 420 dollars, et subissent même des réductions », confie un ouvrier sous couvert d’anonymat, illustrant la peur qui règne désormais sur le site.
La défense de CMOC KFM : « Faute lourde » plutôt que répression
Face à ces graves accusations, la direction de CMOC KFM rejette toute idée de répression syndicale. Contacté, un responsable de l’entreprise assure qu’aucun agent n’a été remercié pour ses revendications salariales.« Nous disposons d’une délégation syndicale pour traiter ces questions. Les licenciements intervenus font suite à des enquêtes internes ayant révélé des fautes professionnelles », affirme-t-il, sans toutefois apporter de précisions sur l’application effective du nouveau SMIG au sein de la grille salariale actuelle.
Un appel à l’arbitrage des autorités
Les travailleurs, craignant de nouveaux renvois, ont choisi la rétractation mais ne décolèrent pas. Ils lancent désormais un cri d’alarme aux autorités provinciales et nationales du Travail et de la Prévoyance sociale pour qu’un audit soit mené. L’enjeu est de taille : s’assurer que les richesses extraites du sol du Lualaba profitent réellement à ceux qui les produisent, conformément à la législation congolaise en vigueur.
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