Après le traumatisme du quartier Golf Plateau, le rouleau compresseur des démolitions s’apprête à frapper le village Musompo. Dans l’axe Sun Africa, plus de cinquante familles vivent désormais avec une épée de Damoclès au-dessus de leurs toits. Une mention rouge

« À démolir » et un ultimatum de 30 jours.
C’est un réveil brutal pour les habitants de Musompo. Derrière des murs à peine achevés, fruits de sacrifices de toute une vie, l’espoir d’une stabilité s’est envolé ce lundi. Les services de l’urbanisme ont tranché. Ces habitations seraient érigées illégalement dans la concession de la Régie des Voies Aériennes (RVA).
Un périmètre de discordeAu cœur du litige, une bande de 1 400 mètres que les autorités revendiquent comme zone aéroportuaire. Pour les riverains, c’est l’incompréhension totale. Réunis en urgence ce jeudi 26 mars autour de leur chef de quartier, les visages sont marqués par l’angoisse et la colère.

Leur ligne de défense est claire : la route Manga Manga fait office de frontière naturelle entre le village et l’aéroport. Mieux encore, ils pointent du doigt la clôture actuelle de la RVA, estimant que leurs parcelles se situent bien en dehors de la zone protégée, contrairement au village voisin de Kamikungwa, déjà délocalisé.Entre résistance et résignation« Nous ne sommes pas des envahisseurs », clament les habitants qui se sentent injustement pris pour cibles.

Pourtant, face à la fermeté affichée par les autorités provinciales, le ton change chez certains. L’heure n’est plus seulement à la contestation, mais à la survie. Si la démolition est inévitable, beaucoup espèrent encore une médiation de dernière minute ou un aménagement pour éviter de finir à la belle étoile.
Alors que le compte à rebours est lancé, une question demeure : le développement des infrastructures aéroportuaires doit-il se faire au prix d’un drame social ? À Musompo, le temps presse, et chaque jour qui passe rapproche ces familles du fracas des bulldozers
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