Le site minier artisanal de Tilwizembe s’est réveillé dans la stupeur et le recueillement ce dimanche 8 février. Un éboulement massif survenu dans la nuit de vendredi à samedi a coûté la vie à onze creuseurs, rappelant une fois de plus le prix humain payé pour l’extraction des minerais dans la région.
Un cratère immense, d’ordinaire grouillant de vie, aujourd’hui plongé dans un silence de cathédrale. Les parois abruptes, marquées par les efforts quotidiens des artisanaux, surplombent des bassins d’eau immobiles. Le site de Tilwizembe, véritable poumon économique pour plus de 10 000 familles, est à l’arrêt.
Le drame s’est noué au cœur du « Bassin II » entre le 6 et le 7 février. Selon les rapports du service d’encadrement minier, les victimes travaillaient de nuit lorsqu’une masse rocheuse s’est détachée sans prévenir, ensevelissant instantanément les ouvriers.Grâce à la mobilisation rapide des volontaires et de la coopérative COMIBAKAT, les corps ont été extraits des décombres à l’aube.
Outre les onze décès confirmés, six blessés ont été évacués vers les centres de santé environnants. L’endroit où s’est produit le drame était resté inaccessible pendant près de huit mois, inondé par les eaux de pluie. Un effort collectif de pompage avait récemment permis de rendre la zone de nouveau exploitable. Mais cette réouverture tant attendue a été marquée par la précipitation. « Dans l’enthousiasme du retour, certains se sont introduits sans encadrement suffisant et sans une autorisation de la hiérarchie », déplore Molayi, l’un des responsables des creuseurs.
L’urgence de subvenir aux besoins de sa famille prend trop souvent le pas sur les protocoles de sécurité les plus élémentaires.
Un appel à un encadrement renforcéSi le comité des creuseurs se bat quotidiennement pour assécher et consolider les galeries à la force des bras, les moyens manquent cruellement.Tilwizembe n’est pas qu’une mine, c’est le dernier rempart contre le chômage pour des milliers de pères de famille et de jeunes du Lualaba.Cette nouvelle tragédie remet sur le devant de la scène l’impératif d’un soutien concret aux artisans du cobalt.
Pour que le “cœur de Tilwizembe” continue de battre sans que ses collines ne se transforment en tombeaux, un encadrement technique renforcé et des équipements de sécurisation modernes ne sont plus une option, mais une urgence vitale.
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